L'aide sociale à l'enfance - Édition 2026

Les Dossiers de la Drees

N° 138

Paru le 30/06/2026

Tedjani Tarayoun, avec Élisa Abassi, Moussa Keita, Klara Vinceneux
Ce dossier consacré à l’aide sociale à l’enfance (ASE), rassemble et synthétise de nombreuses données statistiques disponibles sur le sujet. Il analyse le profil des bénéficiaires, les mesures dont ils font l’objet, ainsi que les dépenses départementales associées. Il met également en évidence les tendances nationales et les disparités départementales. Ce dossier décrit par ailleurs les caractéristiques des jeunes accueillis dans les établissements de l’ASE.

 

Au 31 décembre 2024, 392 600 enfants et jeunes de moins de 21 ans bénéficient d’au moins une mesure d’ASE, soit une hausse de 1,5 % par rapport à fin 2023. Ils représentent 2,4 % de l’ensemble de la population des moins de 21 ans. Parmi eux, 224 700 (57 %) bénéficient d’une mesure d’accueil en dehors de leur milieu de vie habituel et 180 800 (46 %) d’une action éducative, consistant en l’intervention d’un travailleur social au domicile. Certains jeunes peuvent bénéficier simultanément d’une mesure d’accueil et d’une action éducative : une action éducative en milieu ouvert (AEMO) peut notamment être décidée par le juge en complément d’un placement auprès d’un tiers digne de confiance. Les mesures relèvent majoritairement de décisions judiciaires : c’est le cas de 79 % des mesures d’accueil et de 70 % des actions éducatives.

 

Une croissance régulière du nombre de mesures d’ASE

Entre fin 1998 et fin 2024, le nombre de mesures d’ASE a été multiplié par 1,5 pour atteindre 405 500 mesures. Ce nombre, rapporté à celui des jeunes de moins de 21 ans, augmente régulièrement au cours de cette période. Alors qu’il était de 16,6 pour 1 000 jeunes fin 1998, le taux de mesures atteint 24,6 % fin 2024.

Fin 2024, 224 700 jeunes bénéficient d’une mesure d’accueil à l’ASE, soit une hausse de 1,4 % en 2024, après +6,1 % en 2023. La hausse annuelle moyenne était de 2,0 % entre fin 2019 et fin 2022 et de 4,8 % entre fin 2015 et fin 2019.

Cette progression s’explique notamment par la forte hausse des accueils de mineurs non accompagnés (MNA), d’abord entre fin 2015 et fin 2019 (+32 % en moyenne par an), puis entre fin 2021 et fin 2023 (+24 % en moyenne par an). Elle est également portée par la hausse des accueils de jeunes majeurs entre fin 2018 et fin 2021 (+21 % en moyenne par an), puis en 2024 (+6,5 %), liée à l’arrivée à la majorité d’un nombre croissant de mineurs pris en charge les années précédentes, en particulier de MNA, et aux mesures favorisant le maintien de leur prise en charge. Fin 2024, 32 600 jeunes majeurs bénéficient d’une mesure d’accueil à l’ASE.

La part de bénéficiaires d’une mesure d’ASE parmi les moins de 21 ans varie fortement selon les départements : seule la moitié des collectivités ont une part comprise entre 2,0 % et 3,0 %.

 

La part des enfants confiés à l’ASE en famille d’accueil continue de baisser

Fin 2024, 35 % des enfants confiés à l’ASE sont accueillis chez des assistants familiaux, contre 36 % fin 2023 et 56 % à son maximum en 2006. Les établissements habilités constituent, pour la troisième année consécutive, la modalité d’accueil la plus fréquente (40 % fin 2024 et fin 2023, 41 % fin 2022). Les 25 % restants sont accueillis selon d’autres modalités (hébergement autonome, placement à domicile, accueil durable et bénévole, accueil chez la future famille adoptante) ou dans l’attente d’un lieu d’accueil.
 

Graphique – Évolution des mesures d’aide sociale à l’enfance au 31 décembre, de 1996 à 2024 

Lecture > Au 31 décembre 2024, 405 500 mesures d’aide sociale à l’enfance sont en cours.
Champ > France, y compris Mayotte à partir de 2015.
Sources > Drees, enquête Aide sociale.

 

Des dépenses d’aide sociale à l’enfance en hausse

En 2024, les départements ont consacré 11,7 milliards d’euros à la protection de l’enfance (y compris la rémunération des assistants familiaux, mais hors autres dépenses de personnel du département). Ce montant est en hausse par rapport à 2023, de 6,7 % en euros courants et de 4,6 % en euros constants, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation. Entre 1998 et 2024, les dépenses totales d’ASE ont été multipliées par 2,7 en euros courants, soit une hausse de 78 % en euros constants. Ces dépenses, consacrées à 80 % aux mesures d’accueil à l’ASE, financent également le versement d’allocations, la mise en œuvre d’actions éducatives, ainsi que des actions de prévention spécialisée.

En 2024, la dépense annuelle moyenne d’accueil par bénéficiaire est de 42 400 euros au niveau national. Des disparités départementales peuvent apparaître en lien avec la structure de l’offre d’accueil dans le département. Les dépenses d’accueil par bénéficiaire ont ainsi tendance à être plus élevées dans les départements qui recourent davantage aux placements en établissement ou aux autres modes de prise en charge hors famille d’accueil.

 

Prochaines parutions :

  • Septembre 2026 : données nationales provisoires sur les bénéficiaires de l’ASE au 31 décembre 2025.
  • Fin 2026 : données définitives sur les bénéficiaires et données nationales provisoires sur les dépenses d’aide sociale départementale en 2025
     

Cette étude s’appuie sur plusieurs sources de données, dont l’enquête Aide sociale réalisée chaque année par la Drees auprès des départements. Le dossier décrit par ailleurs les caractéristiques des jeunes accueillis dans les établissements de l’ASE à partir des données de l’enquête auprès des établissements et services de la protection de l’enfance (ES-PE).

 

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Sources, outils & enquêtes