Motifs et trajectoires de recours aux urgences hospitalières

Dominique BAUBEAU et Valérie CARRASCO - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

Une enquête téléphonique réalisée auprès de 3 000 personnes venues aux urgences sans être ensuite hospitalisées permet de recueillir, peu de temps après, leurs sentiments sur les motivations de leur venue et leurs conditions de prise en charge.

Les motifs de venue les plus fréquemment cités sont l’accident et la douleur, laquelle est souvent associée à d’autres motifs. Douleur et gêne sont plus fréquentes chez les nourrissons et les personnes âgées. La grande majorité des usagers vient aux urgences sans avis médical préalable, à peine plus du quart ayant tenté de joindre leur médecin traitant. Ils y restent moins de deux heures pour la moitié d’entre eux.

Six groupes d’usagers peuvent être distingués. Deux sont constitués de personnes envoyées par leur médecin traitant (16 %) ou qui n’ont pas eu à donner leur avis, ayant été dirigées aux urgences par les pompiers, le SAMU ou SOS médecins (19 %).

Les autres usagers des urgences (près des deux tiers) ont décidé seuls ou avec leur entourage d’y recourir. C’est le cas du groupe le plus important, constitué de victimes d’accidents (38 %).

Pour deux autres groupes, venus sans avis médical (16 %) ou sur l’avis d’un médecin qui ne les suit pas régulièrement (7 %), les problèmes médicaux s’avèrent plutôt non traumatologiques. Les premiers sont pour plus du quart des enfants de moins de 6 ans. Les seconds signalent plus souvent un problème de santé qui dure.

Enfin, des usagers, jeunes ou adultes de moins de 50 ans, présentent des problèmes souvent liés à une agression ou des violences (3 %).
L’appréciation que les usagers portent sur les urgences est largement positive. Elle dépend toutefois du temps d’attente et de la qualité ressentie de la communication avec les soignants.

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