Troubles mentaux et représentations de la santé mentale : premiers résultats de l’enquête Santé mentale en population générale

Vanessa BELLAMY - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) - Avec la collaboration de Jean-Luc ROELANDT et Aude CARIA - Centre collaborateur OMS (Lille, France)

L’enquête Santé mentale en population générale (SMPG), réalisée par le Centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé (CCOMS)et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) auprès de 36 000 personnes âgées de 18 ans et plus en France métropolitaine, s’est déroulée entre 1999 et 2003 en s’appuyant sur un outil de repérage, le questionnaire Mini, et la classification internationale des maladies (Cim 10).

Outre l’évaluation de la prévalence des principaux troubles mentaux, la SMPG interroge les personnes sur leurs représentations de la maladie mentale, ces deux aspects faisant ici l’objet de premiers résultats.

11 % des personnes enquêtées ont été repérées comme ayant eu un épisode dépressif dans les deux semaines qui ont précédé l’enquête. Il s’agit le plus souvent de femmes. Les personnes séparées, divorcées ou au chômage ont par ailleurs plus fréquemment été identifiées comme ayant souffert de ce trouble.

Par ailleurs, 13 % des personnes enquêtées - surtout des adultes - ont déclaré avoir souffert d’anxiété généralisée, le trouble anxieux le plus fréquemment repéré à travers le Mini. Comme pour les épisodes dépressifs, les femmes et les personnes séparées ou divorcées sont plus souvent identifiées comme ayant connu un trouble anxieux généralisé. En outre, plus d’un quart des personnes repérées comme manifestant des symptômes d’anxiété généralisée ont aussi connu un épisode dépressif.

Contrairement aux autres pathologies, les hommes souffrent plus souvent de syndromes d’allure psychotique, lesquels sont repérés comme concernant 2,8 % de la population des 18 ans et plus.
Enfin, environ 2 % des adultes présenteraient un risque suicidaire élevé, qui est plus fréquent chez les personnes séparées (4,7 %) et celles au chômage ou inactives.

Dans les représentations qu’a la population des problèmes de santé mentale, les termes de « fou » et de « malade mental » restent le plus souvent associés à des comportements violents. 45 % des personnes interrogées pensent par exemple que commettre un meurtre est associé au fait d’être un « fou » et 30 % « malade mental ». Mais le « malade mental » est plus souvent perçu comme ayant un problème médical. Le « dépressif » est quant à lui considéré comme accessible aux soins et à la guérison par 94 % des personnes, alors que seulement 55 % pensent qu’on peut guérir un « fou » et 69 % un « malade mental ».

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