En mai 2020, 4,5 % de la population vivant en France métropolitaine a développé des anticorps contre le SARS-CoV-2

JPEGL’enquête EpiCoV a été élaborée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et la DREES, en collaboration avec Santé publique France et l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Cette enquête, réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population, est la seule qui permet d’estimer la diffusion de l’épidémie à un niveau national et départemental et les facteurs notamment liés aux conditions de vie associés à l’exposition au virus. Elle permet également d’étudier les répercussions du confinement et de l’épidémie sur la population.

D’après cette enquête, la séroprévalence du SARS-CoV-2, c’est-à-dire la proportion de personnes avec des anticorps contre le virus, estimée à partir de prélèvements réalisés au décours du confinement, en mai 2020, s’élève à 4,5 % en France métropolitaine parmi les personnes âgées de 15 ans ou plus. La séroprévalence est la plus élevée à Paris (9,0 %), dans les départements de la petite couronne (9,5 %) et le Haut-Rhin (10,8 %).

Le fait de vivre dans une commune à forte densité urbaine, d’exercer une profession dans le domaine du soin ou de vivre avec un nombre élevé de personnes dans le même logement sont associés à un risque plus élevé d’avoir un test positif. Indépendamment de ces facteurs, la proportion de tests positifs est également plus élevée lorsqu’un membre du ménage a présenté des symptômes ou a été testé positivement pour le SARS-CoV-2, montrant également le rôle de la contamination intrafoyer dans la circulation du virus. La séroprévalence est plus élevée parmi la tranche d’âge des 30-49 ans et aux extrêmes de la distribution des niveaux de vie. Elle est également plus élevée chez les personnes immigrées nées hors de l’Europe que chez les personnes non immigrées. Cela s’explique par les conditions de vie moins favorables dans lesquelles une partie d’entre elles vivent, car cette différence disparaît lorsqu’on prend en compte les conditions de vie socio-économiques.

Référence : Josiane Warszawski (Inserm, Univ. Paris-Saclay, AP-HP), Nathalie Bajos (Inserm), Laurence Meyer (Inserm, Univ. Paris-Saclay, AP-HP), Xavier de Lamballerie (Inserm), Rémonie Seng, Anne-Lise Beaumont (Inserm, AP-HP), Rémy Slama (Inserm), Michael Hisbergues (Inserm) ; Delphine Rahib, Nathalie Lydié (Santé publique France) ; Blandine Legendre, Muriel Barlet, Sylvie Rey, Philippe Raynaud, Aude Leduc, Vianney Costemalle (DREES) ; François Beck (Insee, Inserm), Stéphane Legleye (Insee, Inserm) ; Laura Castell, Pauline Givord, Cyril Favre-Martinoz, Nicolas Paliod, Julien Silhol, Patrick Sillard (Insee), 2020, « En mai 2020, 4,5 % de la population en France métropolitaine a développé des anticorps contre le SARS-CoV-2 », Études et Résultats, n°1167, Drees, octobre.