Évaluation de la réforme des retraites de 1993 : nouvelles estimations à partir des données de l’EIR et de l’EIC

Antoine BOZIO

Cette étude prolonge des travaux antérieurs sur les données administratives de la Cnav (Bozio 2006, 2008) qui cherchaient à estimer l’impact de l’augmentation de la durée d’assurance requise pour obtenir le taux plein sur l’âge d’entrée en jouissance des pensions du régime général lors de la réforme des retraites de 1993. Elle présente de nouvelles estimations qui reposent sur une utilisation conjointe des données des Échantillons interrégimes de retraités (EIR) 2001 et 2004 et de l’Échantillon interrégimes de cotisants (EIC), produites par la Drees.

Ces nouvelles estimations laissent à penser que les hommes ont repoussé de 9 mois et demi leur cessation d’activité pour toute année supplémentaire requise (élasticité de 0,80) tandis que les femmes n’ont repoussé que de 5 mois environ (élasticité de 0,42). L’effet moyen est d’un report de 8 mois (élasticité de 0,67).

Les estimations sont cependant réalisées sur un échantillon réduit qui exclut les polypensionnés du secteur public et les individus en préretraite ou au chômage. Elles ne concernent donc les comportements de départ que de la petite partie des salariés du secteur privé qui sont à la fois touchés par l’augmentation de la durée d’assurance et en mesure de prolonger leur activité, c’est-à-dire encore en emploi à l’âge de 60 ans.

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