Nettement moins de tests positifs et d’entrées à l’hôpital pour les complètement vaccinés que pour les non-vaccinés dans toutes les régions de France

Communiqué de presse

Paru le 13/08/2021 Màj le 20/08/2021

Résumé

Dans le cadre de sa mission d’appui à la gestion de la crise sanitaire, la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (DREES) exploite les données pseudonymisées issues des trois principales bases de données sur la crise Covid-19 : SI-VIC (hospitalisation), SI-DEP (dépistage) et VAC-SI (vaccination). La DREES réalise des croisements entre ces bases, afin notamment de réaliser un suivi selon le statut vaccinal des personnes testées positives au Covid-19 et des personnes hospitalisées. Ce suivi fait désormais l’objet d’une publication chaque semaine. Les résultats nationaux de cette édition sont enrichis de déclinaisons territoriales. Les fichiers bruts avec ces données sont accessibles sur le site de la DREES, rubrique Open Data.


Entre le 26 juillet et le 1er août, le nombre de tests RT-PCR positifs (rapport entre le nombre de tests RT-PCR positifs et le nombre d’habitants) parmi les personnes non-vaccinées s’élève à 345 pour 100 000 habitants. Parmi les personnes complètement vaccinées, il s’établit à 45 tests positifs pour 100 000 habitants vaccinés. À taille de population comparable, le taux de tests RT-PCR positifs est donc près de 8 fois plus faible pour les personnes complètement vaccinées.

Sur la base des patients entrés à l’hôpital entre le 26 juillet et le 1er août dont un test positif a pu être identifié dans SI-DEP, 85 % des admissions en soins critiques et 79 % des admissions en hospitalisation conventionnelle sont le fait de personnes non-vaccinées, tandis que les patients complètement vaccinés représentent 10 % des admissions en soins critiques et 14 % des admissions en hospitalisation conventionnelle. Rappelons qu’à cette date, en population générale, la part des personnes non vaccinées est de 42 % et celle des personnes complètement vaccinées de 43 %.

En rapportant ces effectifs à la population de chaque statut vaccinal, les entrées en soins critiques s’élèvent à 17,5 patients pour 1 million de non-vaccinés et 2,0 pour un million de complètement vaccinés entre le 26 juillet et le 1er août. Ainsi à taille de population comparable, il y a 9,0 fois plus d’entrées en soins critiques parmi les non-vaccinés que parmi les complètement vaccinés.

Dans un contexte de ralentissement du nombre de cas positifs mais de hausse des entrées à l’hôpital, les différences de dynamiques entre non-vaccinés et complètement vaccinés demeurent très marquées, les personnes non-vaccinées portant l’essentiel de la hausse sur les tests comme sur les hospitalisations.

Une situation sanitaire très dégradée dans les Outre-Mer, touchant beaucoup plus fortement les personnes non vaccinées

Ces constats se vérifient également au niveau régional : dans toutes les régions et à taille de population comparable, les nombres de tests positifs ou d’hospitalisations pour les personnes non vaccinées sont très supérieurs à ceux pour les personnes vaccinées. En particulier, la vague épidémique actuelle conduit à des admissions hospitalières très nombreuses et provenant essentiellement de personnes non vaccinées.

Les entrées en hospitalisation par région et selon le statut vaccinal présentent les caractéristiques suivantes :

- niveaux très élevés dans les régions d’Outre-Mer pour les entrées de personnes non vaccinées,
    en métropole, ce sont les régions Corse, Occitanie, Provence-Alpes-Côtes-d’Azur et Ile-de-France où les entrées de non-vaccinés sont les plus élevées,
- les entrées sont nettement plus faibles pour les personnes complètement vaccinées dans chaque région.

Les entrées en soins critiques rapportées à la taille de la population sont le reflet d’une situation sanitaire très dégradée dans les Outre-Mer conduisant à de très fortes tensions dans les hôpitaux de ces régions (les volumes d’entrées des non-vaccinés entre le 5 juillet et le 1er août 2021 atteignent 188 personnes en Guyane, 138 à la Martinique, 81 à la Réunion, 65 en Guadeloupe pour 1 million d’habitants non vaccinés, contre 31 en France entière). En métropole, la Corse, l’Occitanie, la Provence-Côte-d’Azur et l’Ile-de-France sont les régions où les nombres, compris entre 40 et 70, d’entrées en soins critiques pour 1 million de personnes non vaccinées sont les plus élevés.

Méthodologie

Dans le cadre de sa mission d’appui à la gestion de la crise sanitaire, la DREES apparie, sur la base d’un identifiant pseudonymisé commun, les trois bases suivantes :

    SI-VIC, système d'information d'identification unique des victimes, base de données sur les hospitalisations conventionnelles ou en soins critiques (réanimation, soins intensifs et soins continus) de patients hospitalisés pour ou positifs au test Covid-19,
    SI-DEP, système d’information sur le dépistage populationnel, base de données sur les résultats des tests Covid-19,
    VAC-SI, système d’information Vaccin Covid, base de données sur les vaccinations Covid-19.

Les croisements de ces bases permettent de mieux connaître la situation épidémique et d’éclairer les décisions de politique publique. En particulier, les appariements sont nécessaires pour identifier la part de patients hospitalisés qui sont vaccinés et/ou porteurs d’un variant ou d’une mutation particulière.

Dans chacune des trois bases, lors de leur constitution et avant transmission à la DREES, les seules informations sur le nom, prénom et date de naissance de personnes hospitalisées, testées ou vaccinées servent à la constitution d’un pseudonyme, chaîne de caractères non signifiante identifiant de façon unique chaque personne. Ces informations nominatives sont ensuite supprimées des bases avant qu’elles soient transmises à la DREES pour exploitation statistique. Seul le pseudonyme est transmis. Construit suivant le même algorithme dans les trois bases, le pseudonyme permet d’apparier les observations concernant les tests, les hospitalisations et les vaccinations.

 

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