Le nombre de jeunes accueillis diminue, celui de jeunes suivis en action éducative progresse
Fin 2025, en France, les mineurs et jeunes majeurs bénéficient de 411 700 mesures d’ASE. Parmi celles-ci, 53 % sont des mesures d’accueil en dehors de leur milieu de vie habituel (famille d’accueil, établissement, etc.). Elles concernent 217 400 jeunes. Les 47 % restants sont des actions éducatives exercées en milieu familial, auprès de 194 300 jeunes, dont certains peuvent aussi bénéficier d’une mesure d’accueil.
Au total, le nombre de mesures d’ASE augmente légèrement en 2025 par rapport à 2024 (+1,2 %), avec des évolutions différentes selon le type de mesure. Le nombre de jeunes suivis en action éducative progresse fortement (+6,8 %), tandis que le nombre de jeunes accueillis est en baisse (-3,4 %).
Cette tendance intervient dans un contexte de transformation des dispositifs de placement éducatif à domicile (PEAD). En 2024, la Cour de cassation a estimé que le PEAD, jusque-là considéré comme une mesure d’accueil, relevait juridiquement d’une mesure d’action éducative en milieu ouvert, renforcée ou intensifiée1. La requalification des dispositifs de type PEAD vers l’action éducative contribue à la hausse du nombre de jeunes suivis en action éducative et à la baisse du nombre de jeunes accueillis observées en 2025.
Le nombre d’accueil de mineurs baisse, celui des jeunes majeurs augmente
Le nombre de mineurs accueillis diminue de 5,4 % en 2025 pour s’établir à 182 000 fin 2025. Au-delà des évolutions liées aux dispositifs de type PEAD, cette baisse s’inscrit dans un contexte de forte diminution du nombre de mineurs non accompagnés (MNA) confiés à l’ASE (-18 %, hors Mayotte).
À l’inverse, le nombre de jeunes majeurs accueillis poursuit sa hausse, pour atteindre 35 400 fin 2025 (+8,5 % par rapport à fin 2024). Cette progression est liée au renforcement de la prise en charge des jeunes majeurs en difficulté financière et sociale depuis la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants. Elle s’explique également par le passage à la majorité de mineurs confiés à l’ASE, notamment de MNA, dont le nombre avait fortement augmenté les années précédentes. En 2025, le nombre de jeunes majeurs anciennement MNA pris en charge par l’ASE augmente de 24 % (hors Mayotte) par rapport à l’année précédente.
Les parts de jeunes confiés à l’ASE en famille d’accueil et en établissement augmentent légèrement
Fin 2025, 41 % des jeunes confiés à l’ASE2 sont accueillis en établissement et 36 % en famille d’accueil, contre respectivement 40 % et 35 % fin 2024. Ces parts augmentent ainsi légèrement, malgré une baisse du nombre de jeunes concernés (-1,0 % en établissement et -1,5 % en famille d’accueil). À l’inverse, la part des jeunes accueillis selon d’autres modalités d’accueil3 recule de 25 % à 22 %. Le nombre de jeunes concernés diminue plus fortement (- 14 %), en lien avec la baisse des placements à domicile.
Graphique : Évolution du nombre de mesures d’aide sociale à l’enfance au 31 décembre, de 2010 à 2025
Champ : France, y compris Mayotte depuis 2015.
Source : Drees, enquête Aide sociale.
Pour aller plus loin
Tarayoun, T., et al. (2026, juin). L’aide sociale à l’enfance - Édition 2026. Drees, Les Dossiers de la Drees, 138.
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Dans son avis du 14 février 2024 sur sa qualification juridique, la Cour a estimé que le PEAD ne relevait pas d’un placement, mais d’une mesure « d’assistance éducative en milieu ouvert, renforcée ou intensifiée, éventuellement avec hébergement, prévue à l’article 375-2 du Code civil ». Cette position a été confirmée par un arrêt du 2 octobre 2024.
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Les 19 400 enfants directement placés par le juge et donc non confiés au service de l’ASE ne sont pas comptabilisés ici.
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Telles que l’hébergement autonome, le placement à domicile, l’accueil chez un accueillant durable et bénévole ou dans la future famille adoptante, ainsi que l’attente d’un lieu d’accueil.