Revenu des médecins libéraux : une hausse de 1,9 % par an en euros constants entre 2014 et 2017

Christophe Dixte, Noémie Vergier (DREES)

Études et résultats

N° 1223

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une étude sur le revenu des médecins libéraux en 2017. Cette photographie des revenus est issue d’un appariement des données relatives à l’activité libérale des médecins issues de la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) et des données issues des déclarations de revenus recueillies par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). La DREES réalise cet appariement tous les trois ans depuis 2005 afin d’étudier les revenus des médecins libéraux. Cette étude analyse plus particulièrement les disparités qui existent entre les différentes spécialités et les évolutions observées depuis 2014. Des données provisoires pour 2018 et 2019, issues des déclarations à la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF) complètent l’analyse.

 

Le revenu moyen des médecins libéraux varie fortement selon la spécialité
En 2017, les médecins libéraux ou mixtes âgés de 70 ans ou moins exerçant en France ont déclaré en moyenne un revenu d’activité annuel de 120 000 euros. Ce constat masque des disparités selon les spécialités : les radiologues (radiothérapie, médecine nucléaire et imagerie médicale), les anesthésistes-réanimateurs, les ophtalmologues ou les chirurgiens sont les mieux rémunérés, avec des revenus qui atteignent ou dépassent en moyenne 185 000 euros par an. La radiothérapie se distingue nettement avec un revenu moyen supérieur à 400 000 euros par an. À l’opposé, parmi les spécialistes situés en bas de l’échelle des rémunérations, figurent les psychiatres et les pédiatres avec des revenus moyens qui s’établissent respectivement à 89 000 et 86 000 euros. Pour les généralistes, le revenu moyen s’élève à 92 000 euros.
Par comparaison, le revenu moyen d’activité en France des non-salariés hors micro-entrepreneurs en 2017 est de 43 000 euros, tous secteurs confondus. Abstraction faite du secteur de la santé et de l’action sociale, le revenu des non-salariés le plus élevé concerne le secteur des services aux entreprises, avec 57 000 euros par an en moyenne – 100 000 euros par an en moyenne pour les activités juridiques et comptables (Insee, 2020). Ces revenus sont exclusivement issus de l’activité libérale pour 70 % des médecins. En revanche, 30 % des médecins cumulent leur activité libérale avec une activité salariée à l’hôpital public, en clinique ou dans un centre de santé. La part de leur revenu libéral représente alors en moyenne 76 % du revenu d’activité.

Des écarts de rémunération au sein d’une même spécialité
Parmi les médecins généralistes, les 10 % les mieux rémunérés gagnent au moins 3,8 fois plus que les 10 % les moins bien rémunérés en 2017. Pour les spécialistes, ce ratio est plus élevé, puisqu’il s’établit à 5,7. Parmi les spécialités les plus marquées par les écarts de revenu figurent l’ophtalmologie, la gynécologie, la psychiatrie et la radiothérapie : les 10 % de médecins les mieux rémunérés gagnent environ six fois plus que les 10 % les moins bien rémunérés dans chacune de ces spécialités. À l’inverse, en anesthésie-réanimation, en gastro-entérologie, en imagerie médicale, en pneumologie, en cardiologie et en oncologie, les revenus sont relativement plus homogènes avec un ratio entre les 10 % les mieux rémunérés et les 10 % les moins bien rémunérés inférieur à 4.

Le revenu d’activité des médecins augmente entre 2014 et 2017, avec des variations selon le secteur de conventionnement et les spécialités
Entre 2014 et 2017, le revenu d’activité des médecins a progressé en moyenne de 1,9 % par an en euros constants (c’est-à-dire après déduction de l’inflation). La hausse a été plus élevée pour les spécialistes (+2,2 %) que pour les omnipraticiens (+1,7 %). Ces évolutions varient selon le secteur de conventionnement : les spécialistes exerçant en secteur 2 ont vu leur revenu progresser en moyenne de 1,9 %, tandis que la hausse a atteint 2,3 % pour ceux appliquant les tarifs opposables (secteur 1). L’évolution des revenus d’activité par spécialité souligne des tendances contrastées entre 2014 et 2017. Les radiothérapeutes, les ophtalmologues et les cardiologues ont connu de fortes hausses de leur revenu (respectivement +7,3 %, +3,4 %, +2,7 % par an en moyenne). Pendant la même période, les revenus des rhumatologues et des pédiatres ont légèrement baissé (respectivement -0,3 % et -0,5 %).

Le revenu d’activité des médecins a progressé plus vite sur la période récente (2014-2017) qu’au cours de la décennie précédente (2005-2014)
Alors que le revenu moyen des médecins a progressé de 1,2 % par an en euros constants entre 2005 et 2017, le taux de croissance s’est établi à 1,9 % sur la période récente (2014-2017), qui se caractérise ainsi par une progression annuelle du revenu réel plus forte que la période précédente. Ce constat peut s’expliquer entre autres facteurs par les revalorisations tarifaires mises en œuvre en 2017 dans un contexte d’inflation plus modérée.

Une progression continue du revenu d’activité libéral entre 2017 et 2019
Pour les années intermédiaires à deux appariements, les données de la CARMF apportent un éclairage sur la composante libérale du revenu d’activité. La DREES considère l’ensemble du revenu libéral (versé sous forme de bénéfices, de dividendes ou de location-gérance) et effectue des redressements permettant de tenir compte des déclarations manquantes. Selon ces estimations provisoires, la composante libérale du revenu d’activité continue de progresser entre 2017 et 2019 (+1,3 % par an, en euros constants) ; elle est quasi stable pour les omnipraticiens mais elle reste dynamique pour les autres spécialistes. Ces résultats diffèrent de ceux publiés de façon anticipée par la CARMF, qui ne portent que sur les bénéfices déclarés par les médecins libéraux et non sur l’ensemble du revenu libéral des médecins.

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