Parcours hospitaliers des patients atteints de la Covid-19 de mars 2020 à janvier 2021

Communiqué de presse

Paru le 28/05/2021 Màj le 28/05/2021
Comparaison entre la première et la deuxième vague

 

 

La DREES publie une nouvelle étude qui analyse les parcours des patients atteints de la Covid-19 hospitalisés en MCO (hospitalisation conventionnelle et soins critiques) entre septembre 2020 et janvier 2021. Cette étude vient compléter les résultats publiés précédemment sur les parcours d’une première cohorte de patients hospitalisés pour Covid-19 entre le 1er mars et le 15 juin 2020. Le profil des patients, les caractéristiques des séjours et les typologies des parcours sont ainsi analysés et comparés entre les deux périodes.

 

À partir des données SI-VIC*, une deuxième cohorte, constituée de 198 685 patients atteints de la Covid-19 et entrés à l’hôpital entre le 1er septembre 2020 et le 1er février 2021 (avant développement des nouveaux variants du virus), a été analysée afin de décrire le profil des patients (âge, sexe et région d’hospitalisation) et leur séjour à l’hôpital (type d’hospitalisation, durée).


La population hospitalisée est plus âgée pour la deuxième cohorte que pour la première cohorte
Entre le 1er septembre 2020 et le 1er février 2021, 41 % des personnes hospitalisées sont âgées de plus de 80 ans contre 34 % pour la cohorte des personnes hospitalisées au printemps 2020. Les personnes de plus de 80 ans représentent 17 % des personnes hospitalisées en soins critiques (réanimation, soins intensifs et soins continus) et 64 % des personnes décédées à l’hôpital contre respectivement 10 % et 57 % lors de la première cohorte. Ce premier constat souligne que les personnes âgées sont relativement nombreuses parmi les patients hospitalisés et qui décèdent à l’hôpital, mais elles sont rarement transférées en soins critiques (de nature invasive) et décèdent souvent en soins conventionnels. La part des personnes de moins de 40 ans hospitalisées est similaire à celle de la première cohorte, de l’ordre de 7 %. Autre constat, la population hospitalisée est majoritairement masculine, comme lors de la première cohorte. Les hommes sont surreprésentés parmi les personnes hospitalisées en soins critiques (67 %) et parmi les personnes décédées (58 %). Ces proportions sont très proches de celles de la première cohorte.
La répartition géographique des hospitalisations de patients atteints de Covid-19 montre que bien qu’une certaine polarisation demeure (l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes totalisant 37% des hospitalisations), elle apparaît moins forte que pour la première cohorte. La tension hospitalière est donc un peu plus répartie géographiquement pour la deuxième cohorte.


Neuf patients sur dix de la deuxième cohorte sont entrés par une hospitalisation conventionnelle
89 % des patients de la deuxième cohorte sont entrés par une hospitalisation conventionnelle, 9 % par les soins critiques, et 2 % déjà hospitalisés en soins de suite et réadaptation (SSR) ont été pris en charge pour une contamination Covid en restant hospitalisés en SSR puis ont été transférés en MCO. Ces chiffres sont très proches de ceux observés pour la première cohorte. À noter que les patients de la deuxième cohorte ont moins tendance à rentrer directement en soins critiques que pour la première cohorte, en raison potentiellement d’une meilleure connaissance de la maladie et d’une anticipation des signes de dégradation de l’état de santé : 9 % des patients de la seconde cohorte sont entrés directement en soins critiques, contre 11 % de ceux de la première cohorte.
Parmi les patients passés par les soins critiques, le type de séjour le plus fréquent est une hospitalisation en soins critiques, suivie d’une hospitalisation conventionnelle, puis d’un retour à domicile : une personne sur cinq passées en soins critiques a connu ce parcours
Parmi les patients de la cohorte, la durée médiane d’un séjour à l’hôpital (MCO ou MCO et soins de suite et réadaptation, SSR) est de 20 jours s’ils sont passés par les soins critiques et de 9 jours s’ils n’y sont pas passés.

Les hospitalisations courtes suivies d’un retour à domicile représentent près de trois quart des séjours
L’analyse des données sur les 90 jours suivants l’entrée à l’hôpital montre que les hospitalisations courtes suivies d’un retour à domicile représentent la situation la plus courante avec 73 % des séjours. Une personne sur six dans ce groupe est âgée de moins de 50 ans.
Les hospitalisations suivies d’un décès concernent 20% des séjours. Les personnes âgées de plus de 80 ans représentent 64 % dans ce groupe avec une surreprésentation d’hommes (58%).
4 % des séjours concernent des hospitalisations courtes suivies d’une hospitalisation en SSR, avec une majorité de personnes de plus de 80 ans (58 %).
Les hospitalisations conventionnelles longues représentent 2 % des séjours, les femmes sont légèrement surreprésentées (53%).
Enfin, pour les hospitalisations longues en soins critiques (1 % des séjours), les hommes sont nettement surreprésentés (75%) mais quasiment absents pour la classe d’âge des plus de 80 ans.
Les durées de séjours diffèrent en fonction des différentes étapes du parcours hospitalier, mais ont eu tendance à diminuer entre la première et la deuxième cohorte pour les soins critiques.


Un taux de mortalité par âge plus bas pour les patients de la deuxième cohorte
Quand on tient compte des changements dans la structure par âge entre les deux cohortes, on constate que la mortalité a été plus faible pour la deuxième cohorte que pour la première cohorte pour toutes les classes d’âge sauf pour les hommes de plus de 80 ans. En revanche, les tendances entre les deux cohortes divergent : le taux de mortalité a baissé au cours du temps pour la première cohorte, alors qu’il a eu tendance à augmenter pour la deuxième cohorte.

 

*Sources

Deux sources de données apportent des informations sur les séjours des patients atteints de la Covid-19 :

  • L’outil SI-VIC (Système d’information pour le suivi des victimes), mobilisé depuis mi-mars 2020 pour le suivi de l’épidémie, suit en temps quasi-réel (en raison des délais d’enregistrement) les entrées à l’hôpital des patients atteints de Covid-19 et leur parcours hospitalier.
  • Le PMSI (Programme de médicalisation des systèmes d’information) fournit une base de données médico-administrative sur les séjours hospitaliers clôturés, renseignée « en routine » par les établissements de santé. Il comporte également des informations sur les séjours des patients ayant la Covid-19 comme diagnostic principal ou diagnostic associé du séjour. La base de données du PMSI-MCO rassemble ainsi, depuis 1997, la totalité des séjours hospitaliers de soins de courte durée en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), réalisés en France. Les établissements de santé remontent les informations à l’agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) environ quatre mois après la fin du séjour. Le PMSI apporte donc des informations plus tardives, mais potentiellement plus complètes, sur les séjours des patients atteints de la Covid-19. Une comparaison des deux sources de données a été menée, pour analyser la qualité des remontées dans SI-VIC. La base PMSI utilisée dans cette étude comparative contient les séjours terminés au plus tard le 26 mars 2021

 

Consulter


Parcours hospitaliers des patients atteints de la Covid-19 de mars 2020 à janvier 2021, Helmy El Rais, Michel Aflak-Kattar, Linus Bleistein (DREES), DREES, Les Dossiers de la DREES, n° 79, mai 2021.

 

Parcours hospitaliers des patients atteints de la Covid-19 lors de la première vague de l’épidémie, Courtejoie N., Dubost C.-L., DREES, Les dossiers de la DREES, n°67, octobre 2020.

 

Nous contacter