Le nombre de tests positifs et d’entrées à l’hôpital pour Covid-19 continue d’augmenter, en particulier chez les personnes non vaccinées

Communiqué de presse

Résumé

Exploitation des appariements entre les bases SI-VIC, SI-DEP et VAC-SI : nouveaux résultats jusqu’au 28 novembre 2021

 

Dans le cadre de sa mission d’appui à la gestion de la crise sanitaire, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) exploite les données pseudonymisées issues des trois principales bases de données sur la crise Covid-19 : SI-VIC (hospitalisation), SI-DEP (dépistage) et VAC-SI (vaccination). La DREES présente un suivi hebdomadaire des croisements entre ces trois bases, afin d’apporter des informations sur le statut vaccinal des personnes testées positives à la Covid-19 et des personnes hospitalisées, en prenant aussi en compte l’ancienneté de l’obtention du schéma vaccinal complet et l’injection éventuelle d’une dose de rappel.

Les personnes non vaccinées sont surreprésentées parmi les tests positifs et plus encore parmi les entrées hospitalières pour lesquelles un test PCR positif a été identifié. Entre le 1er novembre et le 28 novembre, les 9 % de personnes non vaccinées dans la population française de 20 ans et plus représentent :
-    près de 26 % des tests PCR positifs chez les personnes symptomatiques,
-    40 % des admissions en hospitalisation conventionnelle,
-    51 % des entrées en soins critiques,
-    39 % des décès.

Si les nombres de tests et d’hospitalisations à taille de population comparable poursuivent leur augmentation quel que soit le statut vaccinal, les niveaux de tests positifs et d’entrées hospitalières sont toujours bien plus élevés pour les personnes non vaccinées que pour les personnes vaccinées sans rappel et plus encore que pour celles avec rappel.

Au sein des personnes les plus âgées (de 60 à 79 ans et surtout de 80 ans et plus), la surreprésentation des non-vaccinés parmi les hospitalisés est plus accentuée encore.

Le nombre d’évènements liés au Covid-19 (tests positifs, hospitalisations, décès) est largement plus important pour les non-vaccinés que pour les vaccinés à taille de population comparable (graphique ci-dessous). Entre le 1er et le 28 novembre, le nombre de RT-PCR positives dépasse 1 300 pour 100 000 non-vaccinés (dont 700 symptomatiques) alors qu’il est inférieur à 600 pour 100 000 personnes pour tous les statuts avec au moins une injection et descend à environ 120 pour les personnes vaccinées de plus de 6 mois avec rappel. Les personnes vaccinées depuis plus de 6 mois sont plus concernées par ces tests positifs ou hospitalisations associés au Covid-19 (à taille de population comparable) que celles vaccinées plus récemment. En outre, les personnes ayant reçu une injection de rappel sont bien moins fréquemment testées positives ou hospitalisées que celles qui n’en ont pas eue (à taille de population comparable).


Graphique : Nombre de tests PCR et d’événements hospitaliers à taille de population comparable par statut vaccinal

Sources : appariement SI-VIC, SI-DEP, VAC-SI ; populations Insee estimées au 1er janvier 2021. Calculs DREES. Données extraites le 8 décembre 2021 pour la période du 1er novembre au 28 novembre 2021.
Lecture : entre le 1er novembre et le 28 novembre 2021, 1 326 tests RT-PCR positifs (barre claire) pour 100 000 personnes non vaccinées ont été constatés contre 122 pour 100 000 personnes complètement vaccinées avec rappel (barre marron foncée).

Au-delà de ces statistiques descriptives, une modélisation appliquée sur les tests PCR symptomatiques positifs ainsi que sur les hospitalisations (en soins conventionnels ou critiques) permet d’estimer des ratios de risque entre les différents statuts vaccinaux, en neutralisant notamment les effets de structure par âge. Malgré certaines limites inhérentes à cette modélisation (en particulier, on ne dispose pas de certaines caractéristiques des personnes - comorbidités, infections antérieures - susceptibles d’influer sur les risques estimés), les estimations confirment les constats déjà mis en évidence dans les publications précédentes, pour les adultes de 20 ans et plus :

-    la protection vaccinale du schéma complet est élevée durant les premiers mois pour toutes les classes d’âge, pour les soins critiques comme pour l’hospitalisation conventionnelle, comprise entre 90 et 95 % (sauf pour les 80 ans et plus où elle avoisine 85 %), et contre les infections symptomatiques (entre 80 et 85 % pour toutes les classes d’âge).

-    Cette protection contre l’hospitalisation s’atténue légèrement au fil du temps après l’obtention du schéma complet, surtout pour les seniors, moins pour les personnes de 20 à 60 ans.

-    La protection vaccinale s’érode en revanche beaucoup plus pour ce qui concerne les infections symptomatiques, pour toutes les classes d’âge, perdant entre 20 et 30 points entre les personnes vaccinées depuis moins de 3 mois et celles vaccinées depuis plus de 6 mois sans rappel, s’établissant à un niveau proche de 50 %.

-    L’injection du rappel pour les personnes de plus de 60 ans dont le statut complet remonte à plus de 6 mois améliore la protection vaccinale à plus de 90 %, pour les infections symptomatiques comme pour les hospitalisations, soit plus que le gain de la primo-vaccination.


En outre, l’analyse présentée cette semaine montre l’effet des facteurs de risque liés à l’âge pour les personnes non vaccinées : les adultes de moins de 40 ans présentent un risque accru de test RT-PCR positif et symptomatique, supérieur de 50 % au risque moyen des non-vaccinés toutes classes d’âge confondues, traduisant sans doute une baisse d’intensité des interactions sociales, ce risque va ensuite décroissant avec l’âge.
En revanche, le risque d’hospitalisation des non-vaccinés croît avec l’âge jusqu’à la tranche d’âge des 60-79 ans. Pour les entrées en soins critiques, ce risque d’hospitalisation est maximal pour cette tranche d’âge des 60-79 ans et il est le double du risque moyen non-vaccinés tous âges confondus.

Pour les hospitalisations conventionnelles, le risque s’accentue encore entre les 60-79 ans (une fois et demie le risque tous âges confondus) et les 80 ans et plus où il est maximal : le risque d’hospitalisation conventionnelle est en effet trois fois plus élevé pour les plus âgés que pour la moyenne des non-vaccinés.

Les données sous-jacentes à ces résultats nationaux ainsi que des déclinaisons régionales et par classe d’âge sont mises à disposition sous forme de fichiers csv permettant d’exploiter plus finement les résultats présentés. Ces fichiers ainsi que des graphiques complémentaires en format pdf sont disponibles sur le site de données ouvertes de la DREES.
 

 

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