Enquête de santé européenne : Une santé perçue plus dégradée dans les départements et régions d’Outre mer

Communiqué de presse

Paru le 09/04/2021 Màj le 09/04/2021

Résumé

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie les premiers résultats de l’enquête de santé européenne 2019 (European Health Interview Survey – EHIS). Réalisée tous les 6 ans dans l’ensemble de l’Union Européenne, il s’agit de la troisième édition de cette enquête qui dresse un état des lieux de la santé perçue et des habitudes de vie relatives à la santé. 14 000 personnes de plus de 15 ans ont été interrogées sur leur santé, le handicap, la consommation de tabac, l’activité physique et sportive, l’alimentation et la corpulence.
 

Pour la première fois, la collecte a été étendue aux cinq départements et régions d’Outre mer (DROM). Les résultats permettent ainsi de comparer, de manière inédite, l’état de santé et les habitudes de vie entre la métropole et chacun des DROM (2 000 répondants par DROM). Les niveaux de vie, l’offre de soins, la couverture maladie, étant très différents dans les DROM et dans la métropole, cette publication fait le constat d’états de santé hétérogènes selon les territoires.

La population âgée particulièrement vulnérable dans les DROM

La santé perçue est plus dégradée dans les DROM qu’en métropole : si 8 % de la population en métropole âgées de 15 ans ou plus se déclare en « mauvais » ou « très mauvais » état de santé, c’est le cas de 14 % de la population en Guadeloupe, Martinique et Guyane, de 11 % à La Réunion et de 21 % à Mayotte en calant la structure par âge sur celle de la métropole (standardisation).

La population âgée semble particulièrement en mauvaise santé dans les DROM comparativement à la métropole et plus limitée fonctionnellement, notamment à Mayotte. Plus précisément, les difficultés de vision, les difficultés motrices et les difficultés pour se concentrer et se souvenir sont plus fréquentes. Ainsi, alors que 10 % des personnes âgées de 55 ans ou plus ont des difficultés sévères pour marcher 500 mètres en métropole, c’est le cas de 18 % des 55 ans ou plus en Guadeloupe, 19 % en Martinique, 16 % en Guyane, 17 % à La Réunion et 31 % à Mayotte.

En ce qui concerne les jeunes, il apparaît une prévalence plus élevée de symptômes dépressifs à Mayotte (23 % des 15-29 ans) et en Guyane (22 %) relativement à la métropole (10 %). De manière générale, les Mahorais donnent une note de satisfaction relative à leur vie plus faible que les résidents des autres territoires (5,4/10 en moyenne versus entre 6,8/10 et 7,0/10 en métropole et dans les autres DROM).


Un taux d’obésité plus important parmi les femmes dans les DROM

Les femmes présentent une santé perçue plus dégradée comparativement aux hommes dans les DROM qu’en métropole. Elles déclarent plus fréquemment une santé « assez bonne », « mauvaise » ou « très mauvaise » dans tous les territoires même en contrôlant par l’âge et le niveau de vie. Elles sont plus fréquemment obèses dans les DROM qu’en métropole.

Alors que le taux d’obésité est le même pour les femmes et les hommes en métropole (15 % versus 14 %), celui des femmes est plus élevé que celui des hommes dans les DROM, l’écart le plus important se situant à Mayotte. Les femmes de 15 ans ou plus sont 23 % à être obèses en Guadeloupe et en Guyane, 25 % à l’être en Martinique, 20 % à La Réunion et 34 % à Mayotte.

Parmi les femmes âgées de 45 ans ou plus, plus d’une sur deux est obèse à Mayotte. Cette forte prévalence de l’obésité parmi les femmes à Mayotte s’accompagne d’un excès de sédentarité, seul territoire où il existe un écart significatif entre les femmes et les hommes pour cet indicateur : 42 % des femmes présentent un excès de sédentarité (passer éveillé plus de 7 heures par jour assis ou allongé) contre 31 % des hommes.

En revanche, les femmes sont plus préservées du tabac dans les DROM qu’en métropole, sauf à La Réunion où l’écart n’est pas significatif. Elles sont ainsi 7 % à fumer quotidiennement en Guadeloupe, 8 % en Martinique et en Guyane, 13 % à La Réunion et 5 % à Mayotte contre 16 % des femmes de 15 ans ou plus en métropole. Les femmes fument moins fréquemment que les hommes en métropole (22 % de fumeurs quotidiens parmi les hommes de 15 ans ou plus), à Mayotte (18 %), à La Réunion (19 %) et en Guadeloupe (13 %).


Une consommation moins fréquente de fruits et de légumes dans les DROM qu’en métropole à l’inverse des boissons industrielles sucrées

Les territoires connaissent des situations économiques variées, les Antilles ayant le niveau de vie le plus proche de celui de la métropole avec un niveau de vie médian inférieur d’environ 20 % à celui de la métropole, puis vient La Réunion, la Guyane et enfin Mayotte se détachant avec un niveau de vie médian d’un niveau égal au sixième de celui de la métropole. C’est l’une des raisons qui explique une plus faible part de la consommation de fruits et de légumes dans les DROM qu’en métropole : alors que les fruits y sont très présents, 45 % de la population de 15 ans ou plus en Guadeloupe mangent des fruits tous les jours, 39 % en Martinique, 42 % à La Réunion, 30 % en Guyane et 16 % à Mayotte contre 59 % des métropolitains du même âge.

À l’inverse, la consommation quotidienne de boissons industrielles sucrées est plus fréquente dans les DROM qu’en métropole sauf en Martinique : 12 % des Guadeloupéens de 15 ans ou plus en consomment tous les jours, 9 % des Martiniquais, 16 % des Guyanais, 13 % des Réunionnais et 15 % des Mahorais contre 10 % des Métropolitains de 15 ans ou plus.

La pratique du sport, qui peut être onéreuse, est moins fréquente dans les DROM qu’en métropole : 30 % de la population de 15 ans ou plus en Guadeloupe déclare faire du sport toutes les semaines, 35 % en Martinique et à La Réunion, 31 % en Guyane et 21 % à Mayotte contre 45 % en métropole.

Sur tous les aspects relatifs à la santé mis en avant dans cette publication, un gradient social s’observe au sein de chaque territoire même si les situations économiques sont très différentes. Les 25 % de personnes ayant le niveau de vie le plus élevé ont une santé perçue meilleure que celle appartenant au 25 % ayant le niveau de vie le plus faible et des habitudes de vie partout plus favorables à la santé.

Méthodologie :
L’enquête s’est déroulée de mai 2019 à janvier 2020 en métropole et de juillet à décembre 2019 dans les cinq DROM. Les personnes ont été interrogées via le déplacement d’un enquêteur à leur domicile dans les DROM. En métropole, il était également possible de répondre par téléphone.