Niveau de vie et pauvreté des enfants en Europe

Aude LAPINTE - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

Le niveau de vie et la pauvreté des enfants européens de 16 ans ou moins sont appréhendés ici à partir du niveau de vie du ménage auquel ils sont rattachés et des données du Panel communautaire des ménages. Ces enfants vivent pour la plupart d’entre eux avec leurs deux parents et un frère ou une sœur. Leur niveau de vie après transferts est en général inférieur au niveau de vie moyen de la population de leur pays, excepté en Finlande, au Danemark et en Grèce.

La part des prestations familiales et des transferts sociaux, qui contribuent à l’élévation du niveau de vie des enfants, est en général plus importante dans les pays d’Europe du Nord que du Sud : les premiers comme le Danemark et la Finlande pouvant consacrer jusqu’à 4 % de leur PIB aux prestations familiales tandis que les seconds y consacrent au maximum 1,1 %. La France se situe dans une position intermédiaire avec 2,6 % du PIB.

Dans la plupart des pays, ce sont les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres qui perçoivent le plus fort montant de prestations familiales, particulièrement en Irlande, en Grèce et en Espagne.

Les enfants des familles monoparentales conservent après transferts le niveau de vie le plus faible, malgré l’impact des prestations familiales qui l’augmentent en moyenne de 41 %. Certains pays privilégient ce type de familles, notamment l’Irlande, alors que d’autres comme la France et la Grèce ont mis en place des prestations surtout favorables aux familles nombreuses. Les autres transferts sociaux accentuent l’impact des prestations familiales sauf en Espagne, au Portugal et en Irlande.

Le taux de pauvreté est, quant à lui, plus élevé en moyenne européenne chez les enfants que dans l’ensemble de la population, cet écart étant particulièrement prononcé dans les pays du Sud et anglo-saxons. La pauvreté concerne surtout les enfants issus de familles nombreuses et monoparentales. Par contre, il y a moins d’enfants pauvres dans les ménages où au moins un adulte travaille à temps plein.

« Toutes choses égales par ailleurs », les enfants italiens et espagnols ont presque huit fois plus de risques de vivre au-dessous du seuil de pauvreté de leur pays que les enfants danois.

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