L’allocation supplémentaire du minimum vieillesse - Bénéficiaires au 31 décembre 2000

Odile MESNARD

Au 31 décembre 2000, environ 766 000 personnes âgées ont recours à l’allocation supplémentaire du minimum vieillesse. Un peu plus de la moitié des allocataires sont pris en charge par le régime général (57,1 %) et 24,2 %, par la branche des non salariés de la Mutualité sociale agricole (anciens exploitants agricoles). Ceux qui, ne bénéficiant d’aucune pension de retraite, perçoivent l’allocation spéciale et sont pris en charge par le SASV, représentent 8,4 % des titulaires de l’allocation. Le nombre des allocataires est en baisse constante depuis la création du minimum vieillesse en 1956.

En 1959, année des premières données disponibles, il atteignait 2 550 000 ; il a donc été divisé par un peu plus de trois en quarante et un ans. De 1990 à 2000, la baisse a été de 36,9 % et, sur cinq ans, depuis 1995, de 22,5 %. La baisse sur le long terme du nombre de bénéficiaires du minimum vieillesse s’explique par l’amélioration progressive des retraites. Les carrières des plus jeunes générations ont été plus favorables du point de vue des salaires, les femmes ont été plus nombreuses à travailler et donc à cotiser, les dispositifs d’assurance des régimes les moins généreux se sont améliorés. Les retraités de moins de 60 ans, bénéficiant de l’allocation supplémentaire invalidité, sont nettement moins nombreux : moins de 105 000 au 31 décembre 2000. Du début des années 60 jusqu’au milieu des années 80, leur effectif a augmenté (de 70 000 à près de 140 000). La grande majorité de ces allocataires sont pris en charge par le régime général (88 %). Les dépenses de l’allocation supplémentaire s’élevaient à 1 999 millions d’euros en 2000, dont 1 746,2 millions pour retraite et 252,8 millions pour l’allocation invalidité. À titre de comparaison, la même année, la masse des retraites versées par les différents régimes s’élevait à 166 091 millions et les dépenses relatives au RMI à 4 571 millions.

L’enquête réalisée par la DREES auprès des principaux organismes prestataires de l’allocation supplémentaire vieillesse permet de mieux connaître la population des allocataires. La population étudiée se caractérise par une moyenne d’âge élevée : 78 ans, et même 79,5 ans si on exclut les allocataires âgés de moins de 65 ans. Par comparaison, la moyenne d’âge de l’ensemble de la population âgée de 65 ans et plus est seulement de 75 ans. Si, parmi l’ensemble de la population âgée de 65 ans et plus, la proportion d’allocataires est de 6,5 %, ce pourcentage varie fortement avec l’âge : il n’est que de 3,9 % parmi les personnes âgées de 65 à 69 ans, mais atteint 12,9 % entre 85 à 89 ans et même 19,9 % pour les personnes de 90 ans et plus. La population des allocataires compte une très forte proportion de personnes isolées (veufs, célibataires ou divorcés) : 68,2 %, alors que la part des isolés parmi l’ensemble de la population âgée de 65 ans et plus n’est que de 44,9 %. Les femmes sont particulièrement nombreuses parmi les allocataires isolés. Si les isolés représentent 68,2 % des allocataires, les femmes isolées en représentent 53,3 %. Cette dernière proportion atteint 68,9 % parmi les allocataires âgés de 85 à 89 ans et même 78,9 % parmi les allocataires âgés de 90 ans ou plus.

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