Analyse des carrières des médecins libéraux à partir de données de panels

Sophie AUDRIC

Les omnipraticiens ont une activité, en nombre d’actes effectués comme en honoraires, en augmentation depuis 1988. À l’aide de modèles de panel, nous avons estimé l’influence sur cette activité des facteurs suivants : l’ancienneté, estimée par le nombre d’années écoulées depuis l’obtention de la thèse, l’année d’obtention de la thèse, la date, l’acquisition ou non d’un Mode d’exercice particulier (Mep), la région, le type de secteur dans lequel le médecin exerce (secteur1, secteur 1 avec dépassements autorisés, secteur 2 et médecin non conventionné) et le sexe du médecin.

Le recours à des modèles et données de panel (within, between et Mundlak) permet de proposer une séparation des effets liés à la génération (année d’obtention de thèse) et des effets liés à l’ancienneté (nombre d’années écoulées depuis) mais surtout de contrôler l’impact sur les effets étudiés des caractéristiques non observables des médecins. L’estimation de l’influence de l’acquisition d’un mode d’exercice particulier sur l’activité des médecins permet de bien illustrer l’apport de ces modèles. En effet, les statistiques descriptives et une estimation « toutes choses égales par ailleurs » sur données non répétées (estimation between) montrent qu’un mode d’exercice particulier se traduit par des honoraires plus faibles. À l’inverse, un généraliste qui acquiert une compétence Mep percevrait, selon l’estimation within, des honoraires supérieurs à ce qu’il percevait antérieurement, en raison de leurs caractéristiques inobservables et corrélées à cette compétence particulière (estimation Mundlak).

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