Prévention et choix des priorités de santé publique dans quelques pays européens

Diane LEQUET-SLAMA

Il n’existe aucune définition unifiée au niveau international concernant la notion de prévention et le contenu d’une politique de prévention. Chaque État classe donc sous ce vocable une série d’actions fort diverses. Toutefois, quel que soit l’État, on retrouve toujours certaines constantes, telles la lutte contre l’alcoolisme, le tabagisme, la toxicomanie, la protection maternelle et infantile.

Sous le terme de prévention, la plupart des États européens mènent toute une série de politiques, conduites généralement par plusieurs ministères, des entités régionales et municipales ainsi que par une multitude d’organismes et associations diverses, difficilement comparables et encore moins chiffrables sur le plan des budgets qui leur sont affectées.

Dans ce document, nous examinerons les politiques de prévention développées dans quatre pays aux configurations différentes : les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, le Danemark et l’Espagne.

Le concept d’objectifs de santé a été explicitement mis en avant dans le domaine sanitaire en 1977 par l’OMS dans son document « Santé pour tous en l’an 2000 ». En 1984, l’OMS région Europe adoptait 38 objectifs pour l’an 2000, accompagnés d’un assez large éventail d’indicateurs à suivre. Inspiré par ce document, plusieurs Etats, dont en premier les pays scandinaves, décidaient d’élaborer des programmes stratégiques de santé où ils arrêteraient leurs priorités.

L’analyse des politiques menées dans certains pays européens montre que les débats autour de priorités de santé tournent autour de deux grands thèmes : la fixation d’objectifs de santé publique prioritaires, le classement des prestations dans le cadre d’une limitation de la couverture publique des dépenses maladie.