Pauvreté et transferts sociaux en 2001

Marc COHEN-SOLAL et Christian LOISY

Différents indicateurs de la pauvreté relative et monétaire sont présentés : taux, intensité de pauvreté et indice de Sen.

La proportion de pauvres et la position des divers pays au regard de la pauvreté sont très sensibles au choix du seuil de pauvreté. Selon que le seuil est fixé à 50 % du niveau de vie médian ou à 60 %, seuil usuel dans les comparaisons européennes, la proportion de pauvres est augmentée d’un tiers en Allemagne et double en Irlande. Les pays occupent aussi des positions différentes en termes d’écart au seuil de pauvreté, fort en Italie, faible au Danemark.

L’indice de Sen présente l’avantage d’intégrer les différents aspects de la pauvreté monétaire relative et de posséder une bonne propriété pour les comparaisons européennes : la position respective des pays est peu modifiée selon le choix du seuil.

Selon leur ampleur et leur ciblage, les transferts sociaux ont pour effet principal de réduire le nombre de pauvres (Danemark, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche) ou d’augmenter leur revenu moyen (Belgique, Irlande, Royaume-Uni). Entre des prestations à caractère plutôt universel et des transferts plus ciblés sur les plus pauvres, la France occupe, avec l’Allemagne et l’Espagne, une place intermédiaire. En Italie, en Grèce et au Portugal, les prestations sociales, d’un montant faible, ont peu d’effet sur la pauvreté.

En Europe, le risque d’être pauvre est plus faible chez les personnes en couple. Ce sont les familles monoparentales et les jeunes isolés qui comptent la plus grande proportion de pauvres. Les jeunes isolés, lorsqu’ils sont pauvres, ont le revenu moyen le plus bas. Chez les couples avec enfants, le risque de pauvreté est plus fort chez les familles nombreuses, surtout lorsque le ménage comporte plus de trois enfants.

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