La prise en charge de la dépendance des personnes âgées : une mise en perspective internationale

Laurence ASSOUS et Pierre RALLE

Ce document présente dans un premier temps la diversité des situations des différents pays en ce qui concerne le problème du vieillissement, et en particulier l’augmentation du nombre des personnes les plus âgées. Aux pays relativement jeunes que sont l’Irlande et les Pays-Bas, s’opposent ainsi des pays comme le Danemark, l’Italie ou la Suède. A l’horizon 2020, des modifications importantes sont toutefois à attendre. Le vieillissement de la population a pour conséquence d’accroître le nombre d’individus dépendants, c’est à dire susceptibles d’avoir besoin d’assistance pour les actes de la vie quotidienne.

Trois grands types de systèmes institutionnels existent en Europe et au Japon. Dans les pays « beveridgiens », la dépendance est largement prise en charge par la collectivité à travers la mise en place de services de proximité. En Allemagne, en Autriche, au Luxembourg et au Japon, la dépendance a été reconnue comme un « risque social ». Le choix d’une « assurance dépendance » n’empêche toutefois pas que son champ soit limité aux personnes les plus dépendantes, ainsi que la fixation d’une prestation non proportionnelle au revenu antérieur. En Europe du Sud, on observe une logique principalement d’aide sociale, avec le maintien d’un attachement fort aux modèles familiaux d’aide informelle.

Pour l’instant, les pays les plus concernés par le problème de la dépendance sont ceux dont le cycle de vieillissement a commencé le plus tôt. Toutefois, une diminution importante des possibilités d’aide familiale en Grèce, au Portugal et en Italie étant prévisible, il n’est pas impossible que ces pays s’orientent à l’avenir vers un système de prise en charge plus formelle de la dépendance. Aujourd’hui, les questions essentielles qui se posent quant à la prise en charge de la dépendance sont, d’une part l’existence d’un marché suffisamment large de services aux personnes âgées dépendantes, d’autre part l’existence de dispositifs visant à favoriser l’aide informelle, et finalement le niveau des prestations dépendance - niveau qui devrait logiquement augmenter de manière à compenser le désengagement des familles.