Étude pilote pour l’estimation du risque iatrogène dans les établissements de santé en France - Rapport final

P. MICHEL, J.-L. QUENON, A.-M. De SARASQUETA et O. SCEMAMA

Une étude pilote sur le risque iatrogène a été réalisée en Aquitaine à l’initiative de la mission Veber-Massol (DGS-DHOS), sous la responsabilité de la DREES, en vue de la réalisation d’une enquête nationale dans les établissements de santé. L’étude pilote avait pour objectifs d’étudier l’efficacité, la fiabilité, le coût et l’acceptabilité de trois méthodes épidémiologiques d’identification des événements iatrogènes graves. La méthode rétrospective de revue de dossiers, utilisée par toutes les études étrangères sur le sujet, a été comparée à deux méthodes fondées sur le recueil des données auprès des équipes de soins, l’une consistant en un recueil prospectif pendant une partie de l’hospitalisation des patients, l’autre en un recueil transversal un jour donné.

Ces trois méthodes ont été appliquées à un échantillon unique randomisé, stratifié et en grappe à deux degrés, de patients d’établissements publics et privés. Tous les patients présents le premier jour du recueil dans ces unités ont été inclus. Ce premier jour correspondait au jour du recueil transversal. Les recueils prospectifs et rétrospectifs ont porté sur une période d’hospitalisation identique comprise entre ce jour d’inclusion et la fin de l’hospitalisation. Les trois recueils ont été fait de façon indépendante par des infirmiers ou des sages-femmes, et des praticiens hospitaliers, en deux temps (détection puis confirmation des cas).

Au total, 778 patients (278 de médecine, 263 de chirurgie et 237 de gynéco-obstétrique) hospitalisés dans 37 unités d’un CHU, de deux CH et de quatre cliniques privées ont été inclus.

L’efficacité était la proportion de cas identifiés par une méthode par rapport à l’ensemble des cas identifiés par au moins une méthode et validés a posteriori par les équipes de soins concernées. Un cas était un patient présentant au moins un événement iatrogène grave d’une part, au moins un événement iatrogène grave évitable d’autre part.

En médecine et en chirurgie, l’efficacité des méthodes prospective et rétrospective était similaire pour l’identification des EIA (70 et 66 % des 160 patients) ; l’efficacité de la méthode prospective pour l’identification des EIA graves évitables était meilleure (65 et 39 % des 71 patients, p<0.02).>

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