Effets de destructions d’emplois sur le niveau de vie. Conséquences en matière de pauvreté monétaire et analyse du rôle du volet « activité » du Revenu de Solidarité Active

Vincent Bonnefoy, Sophie Buffeteau, Marie-Cécile Cazenave

Pour analyser les effets de pertes d’emplois sur les niveaux de vie, un exercice consistant à simuler des destructions d’emplois sur un échantillon représentatif de ménages a été réalisé à partir du modèle Ines (Drees-Insee).

Différents scénarios de chocs exogènes de "destructions d’emplois" ont été simulés une année donnée (2009). Par hypothèse, le choc touche en priorité les personnes les plus fragiles : elles sont choisies en fonction de leur risque de perte d’emploi (ou de ne pas en obtenir un lorsqu’elles en sont dépourvues) estimé à partir des données de l’enquête emploi. Les conséquences en matière de niveau de vie sont examinées l’année même du choc.

Les destructions d’emplois engendrent une baisse des niveaux de vie, atténuée par l’effet de la redistribution. Leur effet sur le taux de pauvreté monétaire relatif est ambigu dans la mesure où elles engendrent à la fois des baisses de revenu au niveau individuel et une baisse du seuil de pauvreté. Sous les hypothèses retenues, il en résulte une hausse quasi-nulle du taux de pauvreté relatif.

En période de destructions d’emplois, le volet « activité » du revenu de solidarité active se comporte par nature de manière procyclique mais, étant familialisé, il peut aussi exercer un effet contracyclique en complétant les revenus d’une personne dont le conjoint vient de perdre son emploi. Sous les hypothèses retenues, l’effet procyclique est prédominant l’année du choc.

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