Des médicaments à prescription facultative à l’automédication

Alain BRIAND et Sandrine CHAMBARETAUD

En France, en 1999, les médicaments à prescription facultative - que l’on peut obtenir sans ordonnance - représentent 30 % du chiffre d’affaires total du médicament, soit 40 milliards de francs. Leur poids est cependant très différent selon les classes thérapeutiques et si certaines sont constituées uniquement de médicaments à prescription facultative d’autres comprennent à la fois des médicaments à prescription facultative et à prescription obligatoire. Ainsi, moins de 2 % des hormones sont disponibles sans ordonnance alors que plus de 60 % des antiparasitaires le sont. Un quart des médicaments à prescription facultative appartient au groupe des médicaments du système digestif et du métabolisme, et plus des deux tiers sont remboursables.
Les médicaments à prescription facultative représentent le marché potentiel de la pharmacie non prescrite. C’est la demande qui, par la suite, détermine les parts respectives de la pharmacie prescrite et non prescrite. Plusieurs éléments vont influencer ce partage comme les textes réglementaires, les stratégies des laboratoires pharmaceutiques et les caractéristiques individuelles des consommateurs.
Seulement un tiers des médicaments à prescription facultative est effectivement acheté sans ordonnance soit 13 milliards de chiffre d’affaires. Les modalités de remboursement de ces produits sont un élément déterminant de ce type d’achat : seulement 11 % d’entre eux seraient remboursables s’ils étaient prescrits. Les médicaments achetés sans ordonnance sont avant tout utilisés pour traiter les symptômes douloureux et fébriles ainsi que pour les affections respiratoires.
Au niveau européen, la France occupe une position un peu particulière en ce qui concerne la consommation de médicaments non prescrits. En effet, la part de marché des médicaments non prescrits apparaît plutôt faible (10 % en 1998) comparée à la moyenne européenne (12,5 %). Cependant, les dépenses de pharmacie non prescrite par habitant sont relativement élevées (13 milliards de francs en 1999), le pays se situe en quatrième position derrière la Belgique, l’Allemagne et le Royaume-Uni.