Carrières des médecins généralistes : les inégalités entre générations

Brigitte DORMONT - LEGOS, Université Paris Dauphine et IEMS, Lausanne - et Anne-Laure SAMSON - EconomiX, Université Paris 10-Nanterre

Cet article vise à étudier l’impact de la régulation de la démographie médicale sur les carrières des médecins généralistes du secteur 1. A partir d’un panel représentatif des omnipraticiens en exercice sur la période 1983-2004, nous mettons en évidence que les conditions d’installation des médecins, qui sont liées au numerus clausus, affectent leurs honoraires de manière durable.
Une analyse économétrique permet d’identifier les effets de la date, de l’ancienneté et de la cohorte sur les honoraires. Les inégalités intergénérationnelles sont considérables. Les cohortes installées dans les années 1980 subissent les impacts conjoints du baby-boom et d’un numerus clausus élevé : elles perçoivent les honoraires les plus faibles. En revanche, la diminution progressive du numerus clausus a amélioré la situation financière des cohortes installées à partir du milieu des années 1990. L’écart estimé entre les honoraires permanents des différentes cohortes peut atteindre 25%, toutes choses égales par ailleurs. L’utilisation d’une analyse en terme de dominance stochastique montre que les écarts liés aux hétérogénéités individuelles ne permettent pas de compenser les différences considérables repérées en moyenne pour les cohortes.

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