Polymédication et pathologies chroniques multiples : opinions et pratiques des médecins généralistes

JPEGLes patients atteints de plusieurs maladies chroniques reçoivent en général des médicaments pour traiter chacune d’elles. Cette situation, dite de polymédication, place les médecins généralistes face aux enjeux complexes de la gestion de l’ordonnance et face à la question de la déprescription (arrêt de médicament). Une grande majorité des généralistes assument leur rôle central dans la gestion de l’ordonnance de ces patients et se sentent à l’aise pour proposer de déprescrire les médicaments qu’ils jugent inappropriés.

Les médecins s’estiment bien informés des risques associés à la polymédication et se réfèrent, pour la plupart d’entre eux, à la presse scientifique (82 %) et à l’avis de collègues spécialistes (81 %) pour mettre à jour leurs connaissances sur les bénéfices et les risques des médicaments. Pour 8 médecins sur 10, les guides de bonnes pratiques disponibles pour chaque pathologie chronique apportent une aide concrète, mais sont difficiles à appliquer chez les patients souffrant de plusieurs maladies chroniques. Plus de la moitié des médecins estiment insuffisante la collaboration entre médecins traitants et pharmaciens en matière de polymédication.

Référence : Hélène Carrier, Anna Zaytseva, Aurélie Bocquier, Pierre Verger (ORS Provence-Alpes-Côte d’Azur - UMR 912 SESSTIM), Muriel Barlet, Hélène Chaput, Claire Marbot (DREES), Gilles Bouvenot (Assistance Publique – Hôpitaux de Marseille), Simon Filippi, Fanny Jozancy (URPS-ML Provence-Alpes-Côte d’Azur), Martin Fortin (Université de Sherbrooke, Canada), Nicolas Sirven (Université Paris-Descartes) et Hélène Verdoux (Université de Bordeaux, Inserm U657), 2017, « Polymédication et pathologies chroniques multiples : opinions et pratiques des médecins généralistes », Études et Résultats, n°1036, Drees, octobre.