Les risques d’alcoolisation excessive chez les patients ayant recours aux soins un jour donné

Marie-Claude MOUQUET - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) - Hervé VILLET - ORS Haute-Normandie

D’après l’enquête réalisée en 2000 auprès des médecins généralistes libéraux et des établissements de santé, un risque d’alcoolisation excessive a pu être repéré chez environ un cinquième des patients ayant recours, pour quelque raison que ce soit, au système de soins un jour donné (18 % en médecine de ville et 20 % en établissement de santé). Les hommes représentent environ les trois quarts des patients ainsi classés à risque d’alcoolisation excessive. Chez les hospitalisés un jour donné, l’alcoolisation excessive concernerait près de la moitié des hommes âgés de 35 à 54 ans contre une femme sur cinq du même âge. Chez les généralistes libéraux, elle concerne deux hommes âgés de 35 à 64 ans sur cinq. En ville comme à l’hôpital, les proportions de patients diagnostiqués comme étant en situation d’alcoolisation excessive sont aussi nettement plus élevées chez ceux qui connaissent une situation de chômage ou de précarité, chez ceux qui déclarent vivre seuls sans enfants, qui ont eu au moins un arrêt de travail dans les douze mois précédents ou qui déclarent avoir eu, dans l’année écoulée, un accident à l’origine d’une hospitalisation d’au moins 24 heures. Enfin, les patients en invalidité ou en longue maladie comme ceux bénéficiant de l’allocation d’adulte handicapé apparaissent également comme présentant des risques supérieurs à la moyenne. Les disparités régionales sont en outre confirmées avec des proportions de patients estimés comme à risque d’alcoolisation excessive plus élevées en Bretagne et dans le Nord-Pas-de-Calais et plus faibles en Aquitaine mais elles sont, par rapport aux caractéristiques socio-démographiques, de portée relativement réduite.

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