Les familles monoparentales en Europe : des réalités multiples

Christine CHAMBAZ - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

D’après le panel européen des ménages, en 1996, 12 % des familles européennes sont monoparentales. L’adulte responsable est dans neuf cas sur dix une femme, le plus souvent divorcée ou séparée. La part des moins de trente ans varie de 3 % en Italie à 20 % au Royaume-Uni. La majorité des parents isolés sont actifs, le plus souvent à temps plein, mais leur taux d’emploi s’échelonne entre 40 % en Irlande et au Royaume-Uni et 75 % en France et au Danemark. Plus souvent bénéficiaires de transferts sociaux que les autres familles, et pour des montants plus importants, leur niveau de vie reste néanmoins inférieur d’un quart à celui de l’ensemble des ménages (près de 40 % au Royaume-Uni). Elles sont aussi plus souvent pauvres que le reste de la population, sauf au Danemark, en Grèce et au Portugal. Les conditions de vie de ces familles sont cependant très hétérogènes. Au sud de l’Europe, 25 à 40 % d’entre elles sont hébergées dans un autre ménage par le jeu des solidarités familiales. L’analyse de la situation des familles monoparentales fait apparaître cinq groupes de pays. Les pays anglo-saxons comptent la plus forte proportion de parents isolés, souvent inactifs ou à temps partiel et à revenus faibles. Au contraire, dans les pays nordiques, les parents seuls comptent davantage de célibataires et d’actifs et ne sont pas plus souvent pauvres que les autres ménages.

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