Les dépenses de soins de ville remboursées par le régime général d’assurance maladie - Une analyse économétrique sur la période 1988-2002

Karim AZIZI et Didier BALSAN - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

Avec une croissance en volume de 7,5 % en 2002, les dépenses de soins de ville du régime général enregistrent un léger ralentissement qui s’explique principalement par la croissance moins soutenue des dépenses de médicaments et d’honoraires de médecins et dentistes.

Au-delà de ce constat, il est possible d’appréhender le rôle de facteurs explicatifs - notamment de nature économique - de l’évolution des grandes composantes de ces dépenses. Une modélisation des dépenses de soins de ville pour la période 1988-2002 reliant les honoraires au Produit intérieur brut (PIB), à la consommation des ménages et au cycle du chômage est ainsi proposée. Elle fait ressortir que l’évolution en volume des dépenses de soins de ville apparaît sans ambiguïté liée à la conjoncture économique. Les dépenses d’honoraires influencent, quant à elles, les évolutions des différents postes de dépenses de soins de ville.

Le ralentissement de la croissance en volume des dépenses d’honoraires observé en 2002 (+4 %) s’expliquerait, selon cette analyse, par le ralentissement de la croissance de l’activité économique ainsi que par les revalorisations tarifaires des consultations et visites qui auraient entraîné une diminution du nombre d’actes effectués par les professionnels. Le fléchissement de la consommation des ménages et la dégradation de la situation de l’emploi auraient également joué dans ce sens.

La croissance soutenue, mais néanmoins en baisse par rapport à 2001, des dépenses de médicaments, et celle des biens inscrits à la liste des produits et prestations sanitaires, particulièrement vive pour sa part, s’expliqueraient principalement par l’importance de l’innovation. Les dépenses d’honoraires et la consommation des ménages exerceraient, elles aussi, un impact positif sur les dépenses de médicaments et le léger ralentissement de la croissance de ces dernières en 2002 s’expliquerait par le repli de l’activité des prescripteurs. De même l’évolution des prescriptions d’auxiliaires médicaux et d’analyses biologiques serait liée à celle des honoraires.

Enfin la forte croissance des indemnités journalières en 2002 proviendrait de l’augmentation du nombre d’actifs âgés de 55 ans et plus.

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