Le vécu des attitudes intolérantes ou discriminatoires par les personnes immigrées et issues de l’immigration

Marilyne BEQUE - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

L’enquête Histoire de vie permet d’appréhender les attitudes négatives, voire intolérantes ou discriminatoires, que signalent avoir vécues les personnes enquêtées et les motifs qui s’y rapportent.

Les personnes immigrées et issues de l’immigration déclarent davantage avoir été en butte à de telles attitudes négatives que l’ensemble de la population. La seconde génération, plus jeune, est notamment plus sensible à ce type d’évènements mais ils revêtent un caractère de gravité souvent plus marqué pour les immigrés de la première génération, généralement plus âgés. Des comportements intolérants à connotation « raciste » sont plus spécifiquement cités par un quart des immigrés et des personnes issues de l’immigration, contre 14 % de l’ensemble de la population. Pour les personnes issues de l’immigration, comme pour l’ensemble de la population, près de la moitié des attitudes négatives à leur égard se sont déroulées à l’école, alors que les immigrés évoquent dans 41 % des cas leur milieu professionnel.

Le sentiment de discrimination est plus marqué lorsque les personnes immigrées sont arrivées en France avant l’âge adulte, se rapprochant ainsi du vécu exprimé par la seconde génération. La sensibilité aux manifestations d’intolérance est aussi plus forte, pour cette dernière, chez les diplômés ainsi que chez les personnes immigrées vivant en couple mixte.

Avoir eu un père au chômage ou avoir vécu dans une cité accroît par ailleurs l’exposition aux comportements intolérants. Enfin, des facteurs plus subjectifs (attachement au pays d’origine ou degré de satisfaction concernant la vie en France) semblent également liés au ressenti d’attitudes intolérantes.

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