Le risque d’alcoolisation excessive : des écarts entre les déclarations des patients et l’avis des médecins

Florence CANOUÏ-POITRINE et Marie-Claude MOUQUET - DREES - Avec la collaboration de Laure COM-RUELLE - IRDES

D’après l’enquête, réalisée en 2000, sur la prévalence des problèmes d’alcool chez les personnes ayant recours au système de soins « un jour donné », près de 20 % des patients à l’hôpital et en ville étaient considérés comme « usagers à risque ». Avec les seuils de consommation à risque proposés par l’OMS, plus sévères que ceux retenus initialement, les personnes qui déclarent des ivresses peu fréquentes ou une consommation comprise entre 22 et 28 verres par semaine deviennent également des « consommateurs à risque ». La proportion des personnes concernées passe alors à respectivement 26 % et 30 % chez les usagers de l’hôpital et de la médecine de ville.

Des écarts peuvent par ailleurs exister entre le résultat des tests issus de l’interrogation des patients pour repérer les éventuels usages à risque de l’alcool, et l’avis des médecins sur l’existence ou non d’un problème d’alcool chez les personnes qui les consultent. Ainsi, 24 % des hommes à l’hôpital et 35 % en ville et, respectivement 7 et 11 % des femmes, sont classées différemment par les tests déclaratifs et les médecins. Dans la majorité des cas, le patient est considéré comme « usager à risque » par les tests mais « sans problème d’alcool » par le médecin. Ce type de discordance concerne particulièrement les jeunes et les personnes qui ne sont pas en situation de précarité, et qui ont des consommations d’alcool discontinues ou de niveau intermédiaire. Il est plus fréquemment observé en chirurgie. À l’inverse, les patients repérés « sans risque » par les tests déclaratifs alors qu’ils ont un « problème d’alcool » selon le médecin sont plus souvent des femmes et des personnes de 80 ans ou plus.

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