La prise en charge des personnes âgées dépendantes en Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni et Suède : une étude de cas-types

Blanche LE BIHAN - Lapss-ENSP - avec la collaboration de Claude MARTIN - Lapss-ENSP - Marie-Ève JOËL et Anaïs COLOMBINI - Legos

Réalisée durant l’année 2001 dans six territoires européens d’Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni et Suède, une étude des modes d’évaluation et de prise en charge de « cas-types » de personnes âgées dépendantes propose une comparaison des réponses concrètes qui leur sont données.

Les systèmes de prise en charge de la dépendance de ces différents pays privilégient de façon commune le maintien à domicile de la personne âgée dépendante, et centrent l’évaluation sur la détermination du besoin d’aide, mais selon des logiques différentes. Ainsi, offrent-ils des paniers de services distincts combinant ou non soins d’aide à la personne et soins médicaux, soins à domicile et/ou recours aux centres de jour. La combinaison entre les prestations en nature et en espèces diffère également (rôle faible des prestations en espèces en Suède et important en Allemagne). Bien qu’il semble difficile de mettre en correspondance des logiques de prise en charge et des pathologies, surtout pour la dépendance physique, plus la dépendance des personnes est élevée, plus le nombre d’heures d’aides attribuées est partout important, excepté en Espagne.

Deux principales logiques sous-tendent par ailleurs l’articulation des financements publics et des contributions de la personne âgée ou de sa famille au paiement des services : le co-paiement (en Suède et au Royaume-Uni) ou l’aide sociale (notamment en Italie et en Espagne). Ces logiques s’appuient sur des modes de prise en compte des revenus et des avantages fiscaux, également divers selon les pays.

En définitive, dans tous les pays - mais particulièrement dans les pays du Sud où l’offre de soins est plus limitée -, la famille demeure le pivot de la prise en charge de la personne âgée dépendante, même si des alternatives se développent. La reconnaissance du travail de l’aidant se traduit dans certains pays, notamment au Royaume-Uni ou en Suède, par des aides financières et par la prise en compte de ses besoins au moment de l’élaboration du plan d’aide.

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