La mortalité liée à l’imprégnation éthylique chronique en France en 1998

Éliane MICHEL et Éric JOUGLA - Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (INSERM)

En 1998, le nombre des décès liés à une consommation excessive et régulière d’alcool s’est élevé à 23 000 (sans tenir compte des morts violentes qui peuvent lui être attribuées, ni de ses effets aggravants sur d’autres pathologies). Ces décès sont principalement liés à des cancers des voies aérodigestives supérieures et à des cirrhoses. Huit de ces décès sur dix ont affecté des hommes, pour lesquels cette mortalité est cinq fois plus élevée que pour les femmes. La mortalité précoce est importante, plus de la moitié des décès masculins intervenant avant 65 ans. Cette mortalité atteint davantage les hommes seuls et les ouvriers ou employés. Malgré une baisse de 40 % en vingt ans, la mortalité liée à l’imprégnation éthylique chronique reste nettement plus forte en France que dans la Communauté européenne. Elle se distribue inégalement sur le territoire métropolitain : les zones les plus touchées forment un arc de la Bretagne à la Champagne-Ardenne, les zones les moins atteintes étant celles du midi de la France. Si l’on tient compte par ailleurs des décès où l’alcool intervient comme « cause associée », le nombre de décès qui lui sont imputables seraient de l’ordre de 35 000. Cette estimation peut aller jusqu’à 45 000 avec d’autres méthodes en y ajoutant des « fractions de décès » dont l’alcool serait responsable.

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