La démographie médicale à l’horizon 2025 : une régionalisation des projections

Sabine BESSIÈRE, Pascale BREUIL-GENIER et Serge DARRINÉ - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

Fin 2002, la France comptait 335 médecins pour 100 000 habitants, les variations selon les régions allant de 229 médecins pour 100 000 habitants dans les Dom à 425 en Île-de-France.

La projection construite ici à l’horizon 2025, sous l’hypothèse centrale d’un numerus clausus passant de 5 500 en 2004 à 7 000 en 2006, s’intéresse à la répartition par région du nombre de médecins sur la base d’un scénario tendanciel supposant le maintien de la part du numerus clausus dévolu à chaque région, et celui des comportements de mobilité des professionnels observés dans le passé.

Compte tenu de la pyramide des âges des médecins en exercice et de l’évolution démographique probable des différentes régions, ce scénario tendanciel conduit à un léger resserrement des densités médicales autour de la moyenne nationale. Ceci se traduirait par une diminution assez marquée dans les régions Languedoc-Roussillon, Île-de-France, Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d’Azur, qui, bien que conservant une densité médicale supérieure ou égale à la moyenne, verraient celle-ci reculer davantage d’ici à 2025 que la diminution projetée des effectifs de médecins. A contrario, l’Auvergne, Champagne-Ardenne et le Limousin, dont la population devrait diminuer, atteindraient une densité médicale supérieure à la moyenne.

Dans ce modèle de projection, trois hypothèses principales jouent sur la répartition régionale des médecins : les numerus clausus régionaux, les places offertes à l’examen national classant, et la mobilité des médecins après leur diplôme. Plusieurs variantes sont envisagées en la matière.

La modulation du numerus clausus, sur la base des différences actuelles de densité médicale, avantagerait la Champagne- Ardenne et la Basse-Normandie, alors que le maintien des règles de l’ancien concours de l’internat défavoriserait la région Île-de-France pour ce qui est du nombre de généralistes. Les modifications de comportement de mobilité à l’installation, liées à la réforme de l’internat ou à l’attractivité de certaines régions, sont en outre susceptibles d’exercer une influence sensible. Une plus grande mobilité des généralistes, à l’instar de celle des spécialistes, aurait ainsi tendance à accroître les disparités régionales. Une éventuelle absence de mobilité à l’installation ne conduirait guère par ailleurs à une réduction de ces disparités sans modulation des numerus clausus régionaux.

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