L’évolution des suicides sur longue période : le rôle des effets d’âge, de date et de génération

Marie ANGUIS, Chantal CASES - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) - et Pierre SURAULT - Université de Poitiers, faculté de sciences économiques, GEDES

Les trente dernières années ont été marquées par des fluctuations importantes de la mortalité par suicide. De 1,79 pour 10 000 habitants en 1968, le taux de suicide est passé à 1,89 en 1976 puis a crû fortement jusqu’à 2,63 en 1985 pour diminuer ensuite jusqu’à 2,13 en 1998.

Les taux, à peu près régulièrement croissants avec l’âge en 1968, présentent en 1998 un palier entre 40 et 75 ans, pour croître ensuite fortement.

Ces fluctuations invitent à rechercher, au-delà de l’effet de l’âge sur la propension au suicide, des effets de date ou de période liés à la conjoncture économique et sociale, ainsi que les comportements caractéristiques des générations qui composent la population à un moment donné.

Ainsi relève-t-on un effet de cycle sensible au cours des années 80, avec une remontée de la mortalité au cours de la première moitié de la décennie, suivie d’une baisse accentuée.

Par ailleurs, les générations de l’entre-deux-guerres présentent une propension relativement faible au suicide alors que celles nées après 1945, les générations du « baby-boom », semblent y être nettement plus sujettes, en particulier les hommes. La tendance « spontanée » pourrait donc être, hors effet des politiques de prévention, à une hausse potentielle des taux de suicides, avec le vieillissement des générations nées dans l’après-guerre.

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