Insertion sociale et conditions de vie des bénéficiaires de minima sociaux

Anne BELLEVILLE - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

Fin 2001, un peu plus de 6 % de la population vivant en métropole percevait l’un des quatre minima sociaux que sont : le Revenu minimum d’insertion (RMI), l’Allocation de parent isolé (API), l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) ou l’Allocation de solidarité spécifique (ASS). Pour mieux connaître les conditions de vie de ces allocataires et la perception qu’ils ont de leur situation, une enquête a été réalisée au premier trimestre 2003 auprès de 5 000 personnes bénéficiaires du RMI, de l’ASS, de l’AAH et de l’API en décembre 2001.

La comparaison des situations des différentes catégories de bénéficiaires montre des différences importantes. Tout d’abord, les bénéficiaires de l’AAH ont le plus souvent des caractéristiques spécifiques : souvent inactifs avec de graves problèmes de santé, ils se distinguent des autres allocataires qui cherchent tous, plus ou moins rapidement, à retourner sur le marché du travail. Ainsi, la moitié des bénéficiaires de l’ASS, de l’API et du RMI recherchent un emploi au moment de l’enquête et un quart environ occupent un emploi. Parmi les bénéficiaires (hors AAH) interrogés, plus de 80 % ont leur propre logement, avec une forte prédominance de l’habitat social. Leur logement dispose généralement de l’équipement sanitaire de base, c’est plutôt de l’exiguïté et de la vétusté dont se plaignent les bénéficiaires. L’insatisfaction atteint des niveaux différents suivant le minimum social perçu, les allocataires de l’API étant les plus nombreux à la formuler. L’état de santé des bénéficiaires de minima sociaux est, quant à lui, à âge et sexe comparables, beaucoup moins bon que celui de la population générale, résultat ressortant de toutes les études confrontant état de santé et difficultés sociales. En dehors des bénéficiaires de l’AAH, ce sont les bénéficiaires du RMI qui sont les plus nombreux à souffrir d’au moins une affection et à se déclarer en mauvaise santé. Même s’ils sont souvent en contact avec des amis ou de la famille, nombre des bénéficiaires de minima sociaux ressentent malgré tout un sentiment d’isolement et de mise à l’écart : près d’un bénéficiaire du RMI sur quatre se déclare dans cette situation, contre un sur sept environ pour les trois autres minima sociaux.

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